V for Vendetta

V for Vendetta

Angleterre, dans un futur proche.

Après une guerre nucléaire qui a vu la chute des états unis d’Amérique, l’Angleterre est dominée par un parti unique (de type fasciste).

Adam Sutler en est le Grand Chancelier, il a instauré un couvre feu, interdit le culte musulman et fait traquer les opposants et les homos. Les droits individuel ont pour ainsi dire disparus. Cette politique fait suite à des attentats utilisant des armes biologiques dans le métro londonien et dans une école primaire.

Un homme, créé par cette politique, se lève pour l’anéantire et rendre espoir au Anglais. Cet homme se nomme V.

V:

Voila !
A première vue, je ne suis qu’un vulgaire comédien de vaudeville, à qui les vicissitudes de la vie font jouer le vilain et la victime, et vice versa. Ce visage, n’est pas que le vil reflet de ma vanité, mais un vibrant vestige de la vox populi aujourd’hui vacillante et vaincue, vous devez y voir les vieux restes d’une vexation vieillissante, aussi vive que vivante, et vouée à vaincre cette vermine vulgaire, vivace, virulente et vénale, qui vivote en privant ces valeureuses victimes vaincues de la vérité et des vraies valeurs. Le seul verdict que je vois est la vengeance. Une vendetta violente brandie telle un ex-voto et non en vain, visant à faire vaincre la vertu, face à cette vilenie lovée dans les veines de nos villes. Ces vagues vocales faisant de moi un ventriloque vociférant ces volutes verbales, revenons–en a l’essentiel. Je suis honoré de vous rencontrer, alors pour vous, je serai V.

V pour Vendetta est une adaptation du Comics du même nom créé par Alan Moore (à qui l’on doit entre autre From Hell, Constantine et Watchmen) et dessiné par David Lloyd. Avant tout c’est un pamphlet contre la politique menée par Margaret Thatcher dans les années 80. Mais ici la cible semble être l’homme le moins classe du monde, George W. Bush.

Mais revenons au film, quand j’ai appris le projet d’adapter V pour Vendetta j’étais plus que sceptique. Les frères Wachowski (les excellents Bound et Matrix, le moyen Matrix 2 et le risible Matrix 3) sont derrière ce projet. Mais heureusement ils ont laissé la réalisation à James McTeigue (qui était leur assistant sur la trilogie Matrix). McTeigue à su s’entourer de bons acteurs dans tout les rôles parvenant à insuffler vie aux différents personnages, j’en profite pour tirer mon chapeau à Hugo Weaving (l’agent Smith de Matrix ou Elrond dans Le Seigneur des Anneaux) qui a réussi le tour de force de donner vie à V, car il faut bien le dire ce rôle est particulièrement casse gueule, V portant un masque rigide ne pouvant reproduire aucun mouvement facial, lui donner des sentiments et des attitudes relève de la haute interprétation et Hugo Weaving y est parvenu. De plus il s’adonne à un jeu dangereux qui nécessite une diction parfaite en récitant ses tirades venues tout droit de l’univers du théâtre.

Pour la petite histoire, le masque qu’il porte est celui de Guy Fawkes, l’homme qui fut arrêté le 5 Novembre 1605 alors qu’il allait bouter le feu à 36 barils de poudre visant à faire sauter la Maison du Parlement, en représailles à l’injustice dont étaient victimes les catholiques anglais. Il fut condamné à être pendu, étripé puis coupé en morceaux (on savait se marrer à l’époque), mais il ne fut que pendu.

Vient ensuite Natalie Portman interprétant Evey, que V sauve des griffes des hommes du doigt (c’est clair non ? ) contrairement à la BD, Evey ici est une fille qui a un boulot “honnête” (dans la BD elle se prostitue) et qui est très bien servi par Portman, qui ne m’avait pas enchanté dans Star Wars au contraire. Petit clin d’œil, John Hurt interprète ici le Chancelier alors que dans l’adaptation de 1984 il luttait contre le pouvoir en place. Stephen Rea complète la distribution en interprétant l’inspecteur chargé d’enquêter sur les agissements de V.

Toute ressemblance avec des événements passés n’est pas fortuite, on imagine très bien par exemple que Adam Sutler ai été inspiré en parti par Silvio Berlusconi (contrôle des médias) Adolphe Hitler (pour la manipulation des masses, d’ailleurs il est intéressant de voir que les 2 premières lettres de son prénom ainsi que les 4 dernières de son nom se retrouvent dans le nom d’Adam Sutler, coïncidence ?) de même ceux qui auront lu Le Fantôme de l’Opéra y verront certainement un lien avec l’idylle entre V et Evey ou encore le héro masqué car défiguré.

Il se dégage quelque chose de ce film, une certaine poésie j’ai envie de dire. Les textes, le ton utilisé par V pour parler, tout cela ajoute un peu à l’atmosphère créé pour ce film, atmosphère créée également grâce aux décors et la lumière. On a vraiment l’impression par moment de se retrouver devant un de ces vaudevilles cher à V.

V pour Vendetta est une très bonne adaptation et un très bon film qui peut se voir sous différentes lectures et je ne saurais trop vous conseiller de le voir si ce n’est déjà fait.